C’est en pleine résolution illusoire d’être désormais parfaite et irréprochable après la boulette de l’autre jour (cf. Ma-faute 3 fois), que j’ai axé mon attention sur PPI au hasard d’une balade de couloir en allant évaluer un patient (et non pas au relais-café, car PPI ne traîne pas ses sabots au relais-café). Je me suis dit que s’il devenait mon idole (je dis ça parce que mes autres idoles ont tous fini dans la débauche: la drogue, le libéral, etc) ça m’aiderait peut-être à être médicalement plus adaptée. J’ai dressé une liste de ce qui me semble parfait chez PPI.

1) Le PPI a toujours sur lui un stylo 4 couleurs, du T-pex, une petite paire de ciseaux à bouts arrondis, et un rouleau d’élasto. Pour faire du bon travail, faut être équipé. "Merde j’ai perdu ma lampe à pupilles!" dit l’interne lambda genre PIU. "Prends celle-ci, j’en ai toujours deux sur moi", répond le PPI (non mais parce qu’en plus il est aidant, pff).
2) Le PPI met avec joie sa vie extra-hospitalière de côté "POUR-ASSURER-LA-CONTINUITÉ-DES-SOINS". Il est conscient de faire le plus beau de tous les plus beaux métiers du monde. C’est important d’aimer ce qu’on fait. Moi dernièrement j’aime surtout manger pour gérer ma frustration au boulot.
3) Le PPI est toujours enchanté de faire une admission, et ce à tout moment: en pleine nuit, au moment de se mettre à table, au moment de rentrer à la maison… Car chaque admission est un cadeau de la vie, une opportunité d’en apprendre un peu plus, chaque jour. Et ça le PPI en a conscience. Moi honnêtement je vous dis, mon entrée de 6h du matin après une garde blanche, j’étais pas mécontente de la bâcler boucler.
4) La satisfaction du PPI à l’admission d’un nouveau patient est directement proportionnelle au nombre de ses comorbidités. "Génial!", s’exclame le PPI. Car il a compris, lui, que plus le patient est polypourri, plus ça va être intéressant.
5) Le PPI n’est jamais pressé de faire les transmissions au moment de la remise de garde, il n’est nullement pressé de quitter cet endroit où il se sent si bien. Il profite d’ailleurs souvent de ce moment de rencontre pour partager avec ses collègues et chefs ses impressions concernant le dernier article du NEJM, pendant que les autres internes, faisant preuve d’un désintérêt pathologique, trépignent parce qu’ils ont prévu d’aller descendre des pintes de Del Trem au Rivolux.
6) Le PPI est parfois amené à donner des ordres téléphoniques. Il pourrait se contenter de prescrire ce paracétamol pour l’arthrose de genou symptomatique et stable depuis 15 ans chez la patiente du 8, mais non. Le PPI se lève en pleine nuit pour aller voir quand même, car "on ne sait jamais". Le PPI est consciencieux.
7) Le PPI pense toujours à noter le poids, la taille, et fait toujours une anamnèse psychosociale et familiale sur 3 générations. Il n’oublie bien sûr jamais la question des voyages en zone tropicale et la présence d’animaux de compagnie au domicile. "Oui Docteur, j’ai travaillé dans les foins pendant toute mon enfance et mon adolescence car mes parents avaient une ferme". Bingo.
8) Le PPI examine toujours les espaces interorteils.
9) Le PPI a toujours un contact extraordinaire avec ses patients ainsi qu’avec ses collègues internes et IDE. Ainsi, outre les croissants (voir point 10), il partage toujours les innombrables boîtes de chocolats qu’il reçoit de la part des familles éternellement reconnaissantes. Le PPI est empathique mais pour de vrai, et il trouve toujours le temps de parler aux familles (comme si le temps était extensible et la patience aussi).
10) Le PPI est un passionné de plongée sous-marine, d’alpinisme, il a été champion national d’escrime en fin d’internat, et apprend le chinois dans son temps libre quand il en a marre de lire BMJ. Sinon, il a aussi des amis, une fiancée avec qui il a visiblement une vie sexuelle épanouie, et pour se maintenir en forme, il nage 2 km tous les matins avant de se rendre au boulot, les cheveux encore mouillés, le sourire aux lèvres, et les croissants à la main.
Enfin voilà.
Je crois qu’on sera jamais potes. Je sais pas trop pourquoi.




